Voyager au Japon autrement : conseils pratiques pour un séjour écoresponsable
Voyager au Japon implique le plus souvent un long trajet en avion, difficilement compatible avec un faible impact carbone. Mais une fois sur place, il est possible d’adopter une approche plus responsable et respectueuse : privilégier des mobilités douces, limiter ses déchets, soutenir l’artisanat local, mais aussi comprendre et respecter les codes culturels japonais. Inspiré du Guide Tao Japon 2026, cet article vous propose des clés concrètes pour explorer l’archipel de manière plus consciente, à la fois pour l’environnement et pour celles et ceux qui y vivent.
Les informations de cet article sont issues du Guide Tao Japon 2026, rédigé par Julien Giry. Découvrez d'autres idées et conseils pratiques pour voyager au Japon, ainsi que 342 adresses et expériences écoresponsables dans le Guide Tao Japon, disponible en version papier et numérique.
Aller au Japon
Pour limiter nos trajets en avion, nous ne pouvons qu’encourager nos lecteurs à voyager moins souvent, mais à se donner les moyens d’y passer le plus de temps possible.
Moins de deux semaines, cela ne vaut peut-être pas la peine, le Japon sera toujours là plus tard, à un moment où il vous sera possible d’y consacrer davantage de temps. Dans l’absolu, la durée du séjour ne changera pas l’empreinte carbone d’un vol long-courrier, mais autant l’optimiser.
Pensez à calculer et réduire l’empreinte carbone de votre voyage sur www.greentripper.org/guides-tao/fr. Vous pourrez sur ce site internet contribuer financièrement à des projets certifiés pour le climat qui permettent de réduire ou séquestrer les émissions de CO2e.
Depuis l’Europe, il est aussi possible d’aller au Japon sans avion en combinant train, bus et ferry. Plusieurs trajets existent : via le Transsibérien jusqu’à Vladivostok puis ferry (2 à 3 semaines), ou via Turquie, Kazakhstan et Chine puis ferry (3 à 4 semaines). Passage en bateau via la Corée du Sud. Sur le groupe Discord de l’Alibi, la communauté d’aventuriers éthiques et bas carbone, vous trouverez des forums (retours d’expérience) et des ressources (guides, tutos, etc.) pour partir au Japon sans avion (et ailleurs dans le monde). Sur Instagram : @alibi.voyages
Découvrez sur Instagram le récit de Nicolas Breton, directeur des Guides Tao, qui voyage actuellement jusqu'au Japon sans avion : @nico.autrement
Se déplacer au Japon en train, le déplacement le plus écologique
Évitez les vols internes, ce qui limitera de la même manière votre empreinte carbone. L’alternative marine ou ferroviaire est toujours possible (sauf pour rallier l’archipel des Yaeyama).
Le Japon contemporain est indissociable de ses trains, de la plus petite des lignes locales aux grandes lignes du shinkansen, le TGV japonais. Ils constituent un véritable mythe et demeurent la solution idéale pour rallier, bien plus facilement qu’en France, la grande majorité des territoires du pays.
En pratique, les trains rapides sont chers, mais restent le moyen de locomation le plus pratique, durable et confortable. Le Japan Rail Pass, lui, indissociable de près de 30 ans de voyages au Japon, n’est plus rentable depuis l’automne 2023 et une augmentation de 70% en moyenne de ses tarifs. Les Pass régionaux peuvent s’avérer intéressant, à condition d’avoir le temps d’étudier en détails tarifs et conditions.

Investissez dans une belle paire de baguettes
Qui dit Japon dit baguettes ! Elles sont en bois, mais jetables, et elles sont surtout les grandes oubliées du recyclage. Près de 20 milliards sont jetées chaque année. Nous vous conseillons d’acheter une paire rien que pour vous, ou garder la première qu’on vous offrira.
Privilégiez le zéro déchet
Le Japon est l’un des plus grands consommateurs de plastique au monde ! Pour ne pas contribuer à cela, n’oubliez pas de prendre un tote bag (petit et pratique) et de voyager zéro déchet, de nombreuses alternatives existent comme les pailles réutilisables, les savons solides, les brosses à dents en bambou, les gourdes, etc. Pour refuser les sacs ou les couverts en plastique, un petit « kekko desu » pour « non merci » vous sera d’une grande utilité.

Les achats souvenirs
Vous aurez certainement l'envie de repartir avec un objet symbole de votre voyage. Achetez vos souvenirs directement auprès des artisans et producteurs locaux. Le Japon est un empire du merchandising qui offre énormément de tentations. Évitez donc de remplir votre valise avec des objets made in China. Réservez vos achats pour quand vous aurez l’occasion de croiser de véritables productions artisanales nipponnes. Et ne manquez pas de ramener quantité de furoshiki, ce tissu traditionnel servant d’emballage et de paquet cadeau réutilisable !

Respectez les consignes de tri locales
Respectez les consignes de tri locales. Cela va de soi, d’autant plus que le Japon est un pays qui attache une grande importance au tri des déchets et se donne les moyens d’avoir de vraies filières. En pratique, il vous faudra garder vos détritus avec vous, l’espace public étant quasiment dénué de poubelles. Vous en trouverez dans les gares et les konbini (avec généralement deux catégories – demandez d’un signe au personnel, en cas de doute). Sinon, voyez avec vos hôtes, et si vous laissez les déchets dans une chambre d’hôtel, mieux vaut les séparer que tous les jeter en vrac dans une corbeille.
Pour les végétariens et les végans
De manière générale, il est difficile de trouver des plats végétariens. Même sans viande dans l’intitulé, le dashi est omniprésent : un bouillon de poisson à la base de tous les bouillons, dans les bols de nouilles, dans les nappages, etc. Il faut se tourner vers des restaurants spécifiques pour manger vraiment végétarien.
Vous retrouverez dans le Guide Tao Japon de très nombreux restaurants végétariens et vegans. Vous pouvez également utiliser les applications ou sites internet dédiés au végétarisme et au véganisme (comme HappyCow), ou au référencement des restaurants halal qui proposent souvent des options non carnées au Japon.

Concernant le contenu des assiettes, quelques points de vigilance
Privilégiez le bio et le local : les adresses du Guide Tao Japon vous y aideront. Du côté des poissons et fruits de mer, la situation est moins mauvaise que ce qu’elle a pu être dans l’Archipel au début du XXIe siècle : les quotas sont respectés pour la majorité des espèces et les bonnes pratiques sont de plus en plus présentes et valorisées. Toutefois, aucun label n’est clairement identifiable pour garantir ce que vous trouvez dans votre assiette.
Les espèces problématiques (baleines et mammifères marins) ne sont pas monnaie courante en dehors des restaurants spécialisés, de plus en plus rares, et dans lesquels il y a peu de chance que vous vous retrouviez par hasard. Les sushi-ya classiques, généralistes, proposent une sélection de poissons qui, s’ils ne proviennent pas de filières engagées, sont pêchés dans le respect des quotas internationaux, y compris le thon rouge du Pacifique.
Qu'en est-il des coutumes locales ?
Le Japon possède une culture différente de celle que nous connaissons. Voici quelques petits conseils qui vous permettront d'éviter les erreurs pendant votre séjour. Même si cela engendre quelques crispations, la plupart de vos maladresses vous seront pardonnées d’avance. Mais ce n’est pas une raison pour se comporter n’importe comment. Le plus simple est d’observer comment se comportent ceux qui vous entourent.
Voici une petite liste d'essentiels auxquels vous devrez penser :
- Enlever ses chaussures dès que l’on entre dans un espace intérieur, surélevé. Restez vigilants : s’il y a une pile de chaussures dans une entrée ou un panneau représentant une chaussure barrée, se déchausser est obligatoire. Ce sera le cas dans les hébergements classiques, ryokan, minshuku, nuits à la ferme, dans certains châteaux, dans les cabines d’essayage des magasins et parfois dans certaines salles de restaurant. D’où l’utilité de chaussures faciles à enlever et remettre.
-
Ne pas planter ses baguettes dans le riz. Les manières de table japonaises sont nombreuses et pleines de subtilités auxquelles tout le monde ne prête plus forcément attention. Mais les baguettes dans le riz sont un acte fort, renvoyant l’image bouddhiste d’une offrande faite aux morts, donc à éviter. Mieux vaut les poser en travers du bol ou, mieux, utiliser le repose baguette disposé devant vous.
-
Être discret dans les transports et l’espace public. C’est l’un des points qui nous étonne le plus, mutuellement : le calme dans les métros japonais, du point de vue européen, et le brouhaha émis par un groupe de voyageurs étrangers, du point de vue japonais. Sans aller jusqu’à respecter un silence rigoureux, il est de bon ton de ne pas parler trop fort, ou de ne pas téléphoner dans les transports en commun. Ici aussi, observez ce qui se passe autour de vous.
-
Préparer des cadeaux. Si vous voulez initier un lien fort avec des Japonais rencontrés en voyage, le mieux sera de préparer quelques petits cadeaux, si possible joliment emballés. Tout l’intérêt étant d’y mettre de l’attention et un peu de personnalité, en prévoyant par exemple quelques pots miniatures de confitures, des mignonnettes d’huile d’olive ou des petits savons de Marseille. Autant de produits locaux de chez nous qui raviront vos contacts.
L'Office National du Tourisme Japonais dédie dédie une page de son site internet au sujet des manières et dispose d’une brochure sur le sujet : « Savoir-vivre au Japon – Courtoisies voyageuses ».

Retrouvez tous nos conseils et astuces pour améliorer l'impact de votre voyage au Japon, de nombreux articles culturels sur l'environnement, la culture et la société au Japon, ainsi que 342 adresses éthiques et écolos pour se loger, se restaurer et pratiquer des activités, dans notre Guide Tao Japon, disponible en version papier ou numérique.